Déclaration de Durabilité – Forum ODT 2025
Lors du Forum Origin, Diversité et Territoires (ODT) 2025, chercheurs, praticiens et acteurs des territoires de montagne se sont réunis pour explorer le rôle des signes de qualité liés à l’origine dans les transitions agroécologiques. De ces échanges est née cette Déclaration de Durabilité, un appel collectif à la communauté scientifique internationale pour approfondir, en coproduction avec les acteurs locaux, la connaissance de ces outils comme leviers de transformation durable des territoires. Nous vous invitons à la soutenir et à la diffuser dans vos réseaux.
Déclaration sur le rôle et les effets des signes de qualité liés à l'origine pour une transition agroécologique dans les territoires de montagne
Appel à la communauté scientifique
Nous appelons les chercheurs de toutes les disciplines à considérer les signes de qualité liés à l’origine dans les territoires montagneux comme des objets essentiels pour la recherche comparative et longitudinale sur les transitions vers la durabilité en coproduisant des connaissances avec les acteurs locaux, et en évaluant comment la gouvernance, les pratiques et la culture peuvent faire de ces outils des moteurs de transformation agroécologique, et non pas des vecteurs de nouvelles exclusions ou d’atteintes aux ressources naturelles.
Nous appelons les chercheurs de toutes les disciplines à considérer les signes de qualité liés à l’origine dans les territoires montagneux comme des objets essentiels pour la recherche comparative et longitudinale sur les transitions vers la durabilité en coproduisant des connaissances avec les acteurs locaux, et en évaluant comment la gouvernance, les pratiques et la culture peuvent faire de ces outils des moteurs de transformation agroécologique, et non pas des vecteurs de nouvelles exclusions ou d’atteintes aux ressources naturelles.
1. Gouvernance et action
La recherche doit analyser les signes de qualité liés à l’origine comme des outils de gouvernance collective, dans lesquels les règles, les droits et les responsabilités sont négociés collectivement :
- Caractériser comment les institutions dirigées par les producteurs et les interprofessions contrôlent les spécifications, et façonnent la résilience des systèmes alimentaires de montagne.
- Développer des indicateurs pour suivre dans les temps longs la durabilité à plusieurs échelles (exploitation agricole, chaîne de valeur, territoire).
- Concevoir des arrangements participatifs et inclusifs garantissant une véritable capacité d’action aux femmes, jeunes, nouveaux arrivants et acteurs vulnérables – au-delà de leur consultation symbolique.
- Analyser comment la gouvernance peut prévenir des ruptures, protéger les territoires contre l’abandon et l’exode rural, et gérer les tensions entre acteurs sans éroder la cohésion collective.
2. Pratiques, cultures techniques et systèmes de connaissances
Les produits liés à l’origine cristallisent des cultures techniques qui intègrent connaissances écologiques, compétences artisanales et soins à long terme pour les écosystèmes montagnards.
- Caractériser comment les pratiques gèrent simultanément biodiversité, sols, eau et prairies, et comment elles s’adaptent au changement climatique sans éroder le lien à l’origine.
- Distinguer les innovations qui renforcent le lien produit – terroir de celles qui favorisent la normalisation et l’intensification – en différenciant les signes de qualité qui soutiennent une production à petite échelle et diversifiée de ceux qui concentrent les bénéfices au sein de structures industrielles à grande échelle.
- Documenter et valider les connaissances tacites et sensorielles (gestes, textures, cultures matérielles, lecture des paysages et des animaux).
- Concevoir des modèles pédagogiques (accompagnement, formation expérientielle) qui soutiennent la transmission intergénérationnelle.
3. Culture, identité et résilience bioculturelle
Les produits liés à l’origine montagnarde sont porteurs de mémoire écologique et d’identité culturelle et sont donc essentiels à la résilience bioculturelle.
- Intègrent études du paysage, patrimoine alimentaire et identité pour saisir l’ensemble du tissu bioculturel des territoires (sons, dialectes, rituels, histoires et pratiques quotidiennes).
- Analyser la dynamique identitaire — négociée entre productions à petite et grande échelle, entre locaux et nouveaux arrivants — et identifier les dispositifs permettant des identités adaptatives sans déplacer les cultures locales.
- Analyser des coûts humains de la transition (perte de motivation, pression émotionnelle, fragmentation des structures collectives) comme éléments centraux de la durabilité.
4. Marchés, politiques et transformation systémique
Les signes de qualité liés à l’origine opèrent dans le cadre de systèmes alimentaires mondialisés caractérisés par des asymétries de pouvoir et des coûts externalisés.
- Relier études microéconomiques des filières aux analyses macroéconomiques (formation des prix, concentration du pouvoir, comptabilité des coûts réels)
- Etudier les combinaisons de politiques (normes, subventions, fiscalité, marchés publics, droit de la concurrence) qui peuvent aligner les signes de qualité liés à l’origine sur les objectifs en matière de climat, de biodiversité et d’équité.
- Ces analyses devront s’ancrer dans les réalités concrètes des territoires montagnards marginaux : pressions foncières, déclin démographique, conflits d’usage, et risques d’abandon territorial.
Nous invitons l’ensemble des participants du Forum ODT 2025 à soutenir cette déclaration et à la diffuser dans leurs réseaux scientifiques, en vue du Forum ODT 2026.
Declaration Sustainability – Forum ODT 2025
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